Conversation avec Michel Aubouin
C’est quoi, votre programme ? Comparé à celui des autres.
Mon programme tient en trois points : rétablir l’ordre, protéger notre environnement et donner la parole aux Cellois.
Que ferez-vous pour rétablir l’ordre ?
D’abord, il faut créer une vraie police municipale, selon les standards en vigueur : un policier pour mille habitants. À terme, il nous faut 21 policiers, pour disposer d’une patrouille en soirée. Nous allons leur attribuer un local accessible aux usagers. Et j’implanterai un poste de police place de Bendern, là où se trouve aujourd’hui la bibliothèque.
C’est à cet endroit que la municipalité veut faire une épicerie solidaire.
Il faut faire des choix. Ce que les habitants de Beauregard souhaitent en premier, c’est que la sécurité soit rétablie.
Mais l’insécurité, c’est un problème national !
Oui et non. La Celle Saint-Cloud subit, rapporté au nombre d’habitants, deux fois plus de cambriolages que Le Chesnay. Par ailleurs, Beauregard est le premier quartier d’intervention de la police nationale de Versailles, à cause du trafic de drogue.
Pourquoi pensez-vous réussir ?
La sécurité est mon métier, depuis quarante ans. Je suis par ailleurs un spécialiste de la question des quartiers. Je conseille sur le sujet plusieurs grandes villes de France. Et nous comptons, sur notre liste, des policiers d’élite et plusieurs spécialistes de la sécurité en milieu urbain.
Avez-vous des exemples de réussite ?
Oui, je peux citer en exemple la police municipale de Saint-Germain-en-Laye, qui dispose d’une équipe cynophile, de dronistes et d’ilotiers. Un modèle à suivre. Mais nos amis du Chesnay font des choses très efficaces aussi.
Mais la sécurité, ce n’est pas que la police, c’est aussi de la prévention.
Oui, vous avez raison. À Courbevoie comme à Gennevilliers, j’ai vu des programmes qui fonctionnent très bien et plusieurs de mes colistiers sont des spécialistes de ces opérations.
Est-ce qu’on peut empêcher les cambriolages, qui angoissent les Cellois ?
On peut les faire diminuer avec de la vidéo-surveillance plus intelligente et des patrouilles nocturnes.
La police municipale doit-elle être armée ?
Cela me paraît évident.
Comment allez-vous financer cette nouvelle dépense ?
C’est la principale question. Nous devrons faire des choix, privilégier des fonctions et en abandonner d’autres. Comme ancien adjoint aux finances, j’ai une idée assez claire des postes les moins utiles. La mutation ne se fera pas en une année. Nous la réussirons à l’horizon de trois ans. Nous ne sommes pas responsables du retard considérable pris en la matière par l’équipe précédente.
Comment voyez-vous la question du stationnement ?
Je tiens à conserver le stationnement gratuit, mais je constate que certains en abusent. Autour de nos deux gares, les rues sont encombrées par des automobiles venues des communes voisines où le stationnement est payant. La formule de la zone bleue, avec une gratuité de deux heures, me paraît une bonne piste. Les Cellois pourraient disposer d’un macaron. Par ailleurs, le PLU exige que les propriétés disposent d’un ou deux stationnements intérieurs, or je constate que beaucoup de propriétaires utilisent leur garage à d’autres fonctions. Et je ne parle pas des HLM où les parkings sont vides, car payants.
Et un parking souterrain ?
À terme, cela me parait incontournable, place du Jumelage en particulier.
En quoi la ville a-t-elle besoin de préserver son environnement ? Elle a déjà beaucoup d’arbres.
Elle a beaucoup d’arbres, mais les arbres disparaissent sans être remplacés. Sur le seul « cœur de ville », 70 arbres ont été coupés, sans solution de remplacement.
Et l’ONF ?
Les communes forestières comme la nôtre doivent s’organiser pour défendre leur position dans un dialogue plus nourri avec l’ONF, qui reçoit ses ordres de son ministère de tutelle.
L’environnement, ce ne sont pas que les arbres ?
Non, cela concerne aussi les oiseaux ou la petite faune. Les hérissons et les écureuils, nombreux il y a sept ans encore, sont en voie de disparition. Il faut rétablir des corridors écologiques entre les massifs forestiers. Voir le travail effectué avec la LPO au Domaine Saint-François. Nous pourrions implanter une réserve écologique sur une partie du parc de la Grande-Terre.
Vous avez été préfet. En quoi est-ce un plus pour la commune ?
Je connais bien la gestion des collectivités locales. Je l’ai même enseignée. Je connais bien les rouages de l’État et le monde politique. Je connais personnellement une partie des décideurs. Le maire doit être en capacité de défendre les dossiers de la commune et d’obtenir des financements. Il faut pour cela disposer d’un bon réseau.
Certains disent que nous êtes un nouvel arrivé dans la commune ?
Huit ans, c’est suffisant pour comprendre la commune.
Vous avez été dans l’équipe Delaporte, que vous attaquez. Pourquoi y êtes-vous resté ?
Je suis entré dans l’équipe Delaporte, trompé par des promesses jamais tenues. En juin 2023, je lui ai dit que je me présenterai aux élections municipales. J’aurais pu démissionner mais je me privais alors d’informations essentielles pour la gestion de la commune.
Où vous situez-vous politiquement ?
Je suis un homme de droite pour ce qui concerne les questions régaliennes et la défense de la France. Je suis engagé dans la défense de l’environnement depuis mon plus jeune âge et j’ai contribué au classement de plusieurs sites naturels nationaux (dont la vallée de l’Yerres en région parisienne).
Comment êtes-vous devenu préfet ?
Mon père était ouvrier d’usine. Je suis l’aîné d’une famille nombreuse. J’ai longtemps vécu en HLM. Je suis entré dans la fonction publique par un concours, à 14 ans. J’ai passé l’ENA en 1986, en interne. J’ai été sous-préfet, sous-directeur au ministère de l’intérieur, directeur, préfet, inspecteur général de l’administration et j’ai dirigé un institut de recherche sur le crime et la délinquance.
Et aujourd’hui ?
Je suis consultant. Je fais du conseil auprès d’élus nationaux et de collectivités locales. J’interviens comme expert sur les chaines d’info (CNews, LCI, BFM). J’écris des articles et des livres.
Vous enseignez ?
J’ai toujours aimé enseigner. J’ai donné des cours à l’ENA, à Sciences-Po et dans des cycles de formation au journalisme.
Vous avez écrit des livres !
Oui, une quinzaine, sur des sujets d’actualité, d’histoire ou littéraires (sur La Fontaine ou Mme de Staël).
Quel est l’intérêt de devenir maire quand on a été préfet ?
Aucun. Je le fais par devoir. Je pense qu’il est nécessaire de redresser la situation de la commune et je prétends pouvoir le faire. Ce qui me porte, c’est la confiance que m’accordent des centaines de Cellois.
Vous avez une ambition politique ?
Aucunement. J’ai passé l’âge d’en avoir. Je ne serai ni conseiller départemental, ni député, ni sénateur. Je veux susciter des vocations chez de plus jeunes susceptibles de prendre le relais.
Et si vous n’étiez pas élu ?
Si les Cellois préfèrent Richard Lejeune, c’est-à-dire la poursuite de la politique de M. Delaporte, je pressens le pire pour la commune. Regardons son évolution au cours des dix dernières années et imaginez les dix prochaines : une augmentation de la criminalité, de nouvelles émeutes à Beauregard, des écoles en ruine, une voirie en lambeaux, la baisse de la population, et la perte de valeur de nos propriétés.
En deux mots, vous diriez quoi de la commune ?
Je dirais : « Nous vivons très bien dans nos quartiers, mais très mal dans la commune ».
La première question qui angoisse les Cellois concerne les impôts.
Ils ont raison. La commune est financée par la taxe foncière, qui repose sur 4500 ménages. L’impôt moyen dépasse 3300 euros, c’est beaucoup ! Et nous ne pouvons pas demander davantage à ceux qui payent. Car si le taux communal n’a pas augmenté, la base de calcul, décidée par l’État, n’a pas cessé de l’être. Par ailleurs, les nouveaux locaux sociaux sont exonérés de cette taxe pendant quinze ans.
Comment prétendre investir, dans ces conditions ?
Comparée aux communes de taille équivalente, La Celle Saint-Cloud connait des dépenses de fonctionnement trop importantes, qui ne lui permettent pas de dégager un excédent de gestion suffisant pour investir. Par ailleurs, nous disposons d’actifs nombreux et improductifs (terrains et bâtiments) dont nous devrons nous séparer. Enfin, la commune n’étant pas endettée, rien n’interdit de recourir à l’emprunt de façon raisonnable.
Le maire a investi 10 millions d’euros dans la médiathèque.
Un chantier mal conduit (par Richard Lejeune), qui a généré le double des dépenses prévues. Des maires ont été mis en cause pour moins que cela.
Vous étiez contre la médiathèque ?
J’écris des livres, je ne peux pas être contre la lecture publique... mais pas à ce prix-là.
Et le « cœur-de-ville » ?
Un fiasco, du début à la fin. Des études préalables mal conduites qui ignorent des sources souterraines que tous les vieux Cellois connaissaient. Un pilotage assuré par un seul élu, sans concertation avec ses collègues. Des concepts démodés (la brasserie !). Une surestimation de la demande, à des prix au-dessus du marché. In fine, un constructeur (Verrechia) qui dépose le bilan. Sans compter les terrains vendus par la mairie à un prix inférieur à celui du marché.
Vous abandonnerez le programme ?
Non, nous sommes contraints de le poursuivre, pour des raisons financières, mais nous allons le revoir de manière importante. Je veux surtout en profiter pour offrir des logements accessibles aux jeunes couples ou aux célibataires qui ne trouvent rien, dans la commune, pour se loger.
Et la passerelle ?
Une proposition du maire, irréalisable au-dessus d’une route départementale.
À propos de lubies, que pensez-vous de la réhabilitation de l’ancienne piscine de la Jonchère ?
Un projet farfelu. Le bâtiment est dans un tel état, de la faute de la mairie, qu’on ne peut guère le restaurer et il n’existe aucun stationnement disponible à proximité. On nous le vend sous l’argument d’un patrimoine historique, alors même que la mairie s’est désinvestie de deux bâtiments à forte valeur patrimoniale : la maison Viardot et le pavillon du Butard. Il faut qu’il demeure un espace sportif à destination des quartiers voisins.
Vous êtes très attaché au patrimoine ?
Le patrimoine, c’est l’âme de la France. Je milite depuis plus de trente ans pour la restauration des vitraux de la cathédrale de Chartres ; j’ai participé jadis au sauvetage des moulins à vent et des croix de chemin de la Beauce.
Il reste le château de La Celle Saint-Cloud, mais il est fermé aux Cellois.
C’est une négociation que nous devons avoir avec le Quai d’Orsay. Rappelons que ce château appartient à l’histoire diplomatique de la France. D’une certaine manière, La Celle Saint-Cloud est une capitale de la diplomatie, où ont été signés des traités importants (indépendance du Maroc, du Vietnam...).
C’est quoi, de votre point de vue, une commune plus démocratique ?
C’est une commune dans laquelle les habitants sont consultés, où ils ne sont pas considérés comme des enfants. Les outils existent : les référendums d’initiative locale, les consultations en ligne... Nous allons créer un système d’information intelligent, qui traitera les questions posées par nos concitoyens. Le maire doit s’engager à y répondre dans la semaine, dans l’heure si elle est urgente.
Ce n’était pas le cas avec M. Delaporte ?
Vous avez été consulté sur la médiathèque ? Le Coeur-de-Ville ? Le terrain de paddle ? M. Delaporte gère la commune comme un maire de village. Il décidait seul, dans son bureau. Même les adjoints ne sont pas associés à la décision.
Monsieur Lejeune sera peut-être plus moderne que lui.
Monsieur Lejeune a choisi de prolonger l’action du maire et de rester sous sa tutelle. Il ne démontre guère son indépendance lors de cette campagne ; il restera un exécutant, au sein d’une équipe formée d’anciens élus, les mêmes depuis plusieurs mandats.
La commune de La Celle Saint-Cloud est difficile à gérer.
La commune est un assemblage de quartiers et il faut la penser comme telle. Nous ne lui donnerons jamais une unité géographique, ni même juridique. La voirie interne des quartiers de Beauregard, d’Élysée II et du DFSA, qui concentrent la majorité de ses habitants, n’appartient pas à la commune. Et aucun de ces quartiers n’a le même statut, sans compter l’ASA de la Châtaigneraie. Il faut apprendre à gouverner la diversité.
Comment faire ?
Favoriser la création de comités ou de conseils de quartiers élus, réunis six fois par an, et désigner, au sein du conseil municipal, le représentant de chacun de ces quartiers.
Concernant Beauregard ?
Le quartier de Beauregard est une anomalie juridique. 7 000 habitants, l’équivalent d’une ville de province, sans représentation politique. Il faut remédier à cette situation. Par ailleurs, 80 ans après le legs du comte de Bendern, il est nécessaire d’en revisiter les attendus. Il a déjà reçu nombre de « coups de canif ». À terme, le transfert du foncier à La Celle Saint-Cloud est inévitable. D’autres cas semblables en Île-de-France ont été traités (le dernier en date concerne Le Kremlin-Bicêtre).
Vous ne croyez pas au projet « cœur-de-ville » ?
Je n’y ai jamais cru. On ne fait pas un cœur de ville sans places de stationnement. La « rue centrale » ne sera jamais une rue commerçante, à cause de sa configuration. Le débouché sur la rue Mesureur serait une erreur.
Et la place du Jumelage ?
La place du Jumelage - je n’aime pas cette appellation - ne sera jamais la place centrale de la ville mais elle se trouve à l’intersection de trois quartiers : Beauregard, La Châtaigneraie et Les Gressets. Les commerces y sont actifs (marché compris) et s’y concentre l’essentiel de l’offre médicale de la ville. Aujourd’hui, elle n’est pas traitée comme une place mais comme deux parkings. La circulation à contre-sens est une anomalie. Mon projet est d’en faire une véritable place, pavée et jardinée, comme nous en trouvons dans toutes les villes voisines.
À plus long terme, nous pourrions y déplacer les services de la mairie ouverts au public. Et peut-être la Poste.
Et le stationnement ?
Il n’y a pas de commerces sans stationnement, mais il faut le traiter de manière plus intelligente.
Cette place est aussi celle de l’église.
Oui, vous avez raison. Elle est aussi la place des lieux de culte : l’église, le temple, la synagogue. C’est une autre manière de faciliter le nécessaire dialogue inter-religieux.
Et les musulmans ?
Les musulmans prient dans des conditions indignes. Nous devons les aider à trouver une autre solution. Par ailleurs, il en va des lieux de culte comme des commerces. La question du stationnement est primordiale, d’où l’intérêt de les concentrer dans les zones où celui-ci est encore possible le vendredi, le samedi et le dimanche.
La Celle Saint-Cloud compte plusieurs autres centres commerciaux. Certains sont en grande difficulté.
La commune n’est pas compétente en matière de commerces, mais elle doit faciliter leurs conditions d’exploitation : accès, signalétique, stationnement... Place de Bendern, comme à la Châtaigneraie, les commerces souffrent de difficultés d’accès. Et le stationnement dans le bourg est de plus en plus problématique.
Vous ne parlez pas du centre commercial d’Élysée II.
Ce centre est au cœur d’un conflit qui oppose le maire à son propriétaire. Ce dernier souhaite rénover l’immeuble Alphacan, qui abritait des bureaux, et le transformer en logements. Le maire s’y est opposé à quatre reprises, sans raison valable (la commune a perdu tous les contentieux). La société propriétaire se propose de remettre à neuf le centre commercial dès que le ravalement de l’immeuble sera effectué, mais il ne sait pas résoudre la question des accès au parking. Je n’ai pas de solution, moi non plus, mais il faut y réfléchir.
L’éparpillement des quartiers et les ruptures induites par les espaces forestiers, rendent les déplacements très compliqués, sans compter la topographie.
C’est une contrainte majeure. Il est pratiquement impossible d’aller à pied d’une extrémité à l’autre de la commune, d’autant que beaucoup de trottoirs sont inutilisables, trop étroits ou encombrés de poteaux. Je suis moi-même un adepte de la marche.
Quant aux pistes cyclables promises, elles n’ont jamais été réalisées. La seule portion « convenable » est celle de l’avenue de Gaulle, au droit du château, avec des stationnements de part et d’autre, une piste cyclable et de larges trottoirs, mais cette portion finit à ses extrémités par des impasses. La seule façon de créer les conditions d’une circulation intelligente, c’est de reprendre le profil des routes principales, mais c’est une opération coûteuse et de longue haleine.
Nous sommes traversés par deux routes départementales à grande circulation, et longés par une troisième.
Ces routes appartiennent au Département et leur usage dépasse les besoins locaux.
Beaucoup de trottoirs sont en mauvais état.
Cela devient très visible, comparé aux communes voisines. À terme, le rafistolage sur des trottoirs au revêtement rouge dégrade l’image de la commune.
L’éclairage public ?
Dix années de retard. Nous aurons terminé l’installation des leds quand plus personne n’en utilisera. La plupart de nos rues (hormis quelques privilégiées) ne disposent pas d’un éclairage pour piétons et se contentent de l’éclairage de la route, ce qui rend la circulation sur les trottoirs insécure à la nuit tombée.
Et les transports publics ?
Un groupe de travail a remis une étude très complète sur ce sujet que je connaissais moins. Il faut rétablir des liaisons et instituer une navette entre les quartiers.
On parle d’une gare de la ligne 18. Quelle est votre opinion ?
Dans le projet initial, une gare pouvait être implantée au Chesnay, à La Celle Saint-Cloud, à Vaucresson ou à Marne-la-Coquette. Et elle devait constituer le cœur d’une ville-nouvelle. Cette contrainte aurait empêché le choix de notre commune, où il est impossible de créer ex-nihilo un quartier de 10 000 habitants. En tout état de cause, selon mes informations, le projet de tronçon au-delà de Versailles-Chantiers est définitivement abandonné, pour des raisons de coûts.
J’ai moi-même quitté Rueil-Malmaison à cause de la sur-urbanisation dans le secteur de la future gare et j’ai choisi La Celle Saint-Cloud pour son côté paisible. Il faut choisir ce que l’on veut !
Concernant le PLU, justement, allez-vous y toucher ?
Dominique Pagès a conduit la rénovation du PLU dans un esprit d’équilibre entre la préservation des espaces et l’obligation de densifier certains secteurs. Nous repartirons de cette base.
Les jeunes disent s’ennuyer beaucoup, à La Celle Saint-Cloud. Que faut-il leur apporter ?
Comme partout, des espaces qui leur sont dédiés, des endroits où se rencontrer, des propositions commerciales adaptées à leur mode de consommation.
Est-ce que vous diriez que la politique de la ville était trop tournée vers les personnes âgées ?
C’est en partie vrai, mais, dans le même temps, je connais beaucoup de personnes âgées qui vivent dans l’isolement, à Beauregard en particulier.
Et les jeunes couples ?
Les jeunes couples, y compris cellois d’origine, ne trouvent pas leur place ici. Pas de logements adaptés, une offre de place en crèche insuffisante, des écoles publiques en mauvais état... Pourtant, ils sont l’avenir d’une commune qui perd chaque année de trop nombreux habitants.
Vous allez prolonger la politique de logement social de M. Delaporte ?
Certainement pas. Notre quota est atteint et nous n’avons aucune raison de le dépasser. Il faut surtout arrêter de concentrer à Beauregard les familles les plus en difficulté.
Dans son programme, M. Lejeune évoque l’extension de la résidence Renaissance.
Je constate d’abord que ce programme est d’une grande indigence. Il est le coupé-collé du programme Delaporte de 2020, qui était lui-même le clone de celui de 2014. « Rien ne bouge » est son mot d’ordre. Concernant la résidence, je constate que tous les appartements ne sont pas occupés. Par ailleurs, l’immeuble Alphacan, à Élysée II, offrira des solutions de logement pour des couples.
Il parle aussi de la rénovation du collège Pasteur.
La rénovation du collège est de la compétence du Département. J’ai déjà évoqué ce dossier avec le président Bédier. Je constate qu’il existe par ailleurs une demande de collège privé qui mériterait d’être étudiée.
En conclusion, vous souhaitez une rupture avec les mandats précédents ?
Je parlerai plutôt d’un nouveau souffle. La ville moderne a été créée par M. René-Lucien Duchesne, un maire visionnaire et un bâtisseur. Son action a été prolongée par Jean-Louis Gasquet, qui avait travaillé à ses côtés (M. Gasquet fut le premier à m’avoir accueilli dans la commune, au sein de la section de la Légion d’Honneur). Olivier Delaporte a vécu près de trente ans sur cet héritage sans lui apporter de modification (exception faite de la piscine). Aujourd’hui, le monde a changé, la demande des habitants n’est plus la même qu’en 1945. La ville est devenue une « belle endormie », mais une belle endormie qui a perdu ses couleurs d’origine. Telle est notre ambition : redonner des couleurs à la ville.

